Danse sur le fil, regard terre à terre

exposition collective, Oodaaq #7, Rennes, Nantes, Saint Malo
10.05.2017 – 28.05.17
Commissaires : Isabelle Henrion & Nyima Leray
Artistes : Pierre-Yves Brest – Alex Chevalier – Vincent Chevillon – Arthur Debert – Clara Denidet – Marc Geneix – Rémi Groussin – Jean-Benoît Lallemant – Lise Lerichomme – YAO Qingmei.

Les œuvres de l’exposition se font l’écho d’une époque troublée, sans jamais l’évoquer de manière frontale. Si les flux migratoires et les résurgences d’une histoire coloniale sont présents en filigrane, l’image en tant que représentation du réel est mise à l’épreuve par le recouvrement, l’effacement, la dégradation, l’évidement. Elle se trouve ainsi maintenue à distance, parfois jusqu’à la lisière du visible. Une certaine inquiétude envers l’hégémonie visuelle de notre époque se lit également à travers la prédominance de teintes sombres. Obscurcissant les évidences, elles renvoient à la part de non-visible, d’indicible derrière ce que les écrans nous donnent à lire.

Afin d’éprouver ce qui ne nous atteint plus, les artistes privilégient des représentations « en creux », travaillées par des gestes singuliers qui désignent les écrans comme des espaces à investir autant que des seuils à franchir. Ils procèdent par montage et opèrent dans leurs œuvres de multiples aller-retours entre le dedans et le dehors, le réel et le virtuel, l’ici et l’ailleurs, le passé et le présent. Ces déplacements stratégiques tendent à court-circuiter l’amnésie engendrée par le flux incessant des informations et à rendre sensible le lien toujours vif de l’histoire avec l’actualité.

Articulant étroitement politique et poétique, les artistes disent toute l’incertitude et la complexité d’une posture artistique face au monde, entre mélancolie et volonté de réplique, sentiment d’impuissance et nécessité de prendre position. Fragiles, nécessairement mouvantes, leurs démarches cherchent à ajuster leur équilibre précaire sur le fil tendu au dessus du monde, à ménager des espaces de résistance qui permettent de se resituer constamment par rapport aux soubresauts contemporains. L’exposition s’adaptera dans chaque ville aux espaces qui l’accueillent.

 

Isabelle Henrion & Nyima Leray

 

Plus d’informations sur le site du festival Oodaaq