Visibles (le tapis)

Installation, sculptures, techniques mixtes, 180 x 230 cm.
Tapis, fils de laine et de coton, bois, 2019

Visibles (le tapis) et (les torchons) sont issus des recherches que je mène autour des notions (larges et ouvertes) de réparation, comprise et expérimentée comme: outil de résistance, d’autonomie, comme pratique collective de soin, support de transmission orale, comme écologie, bricolage, pensée magique ou technique de (sur)vie…

Une réparation serait une manière pratique de prolonger la vie – d’un objet, d’un bâti, aussi d’un être vivant ( végétal, animal ou humain) abîmé, blessé. C’est une attention à l’usage et l’usure, un oeil sur ce qui se disloque.
Il s’agit dans le fond, de soigner, de guérir.

Sur un objet trouvé accidenté – un tapis, des torchons – les fils de couleurs viennent combler l’accroc, le trou sans jamais chercher la dissimulation.

Visibles (les torchons)

Installation, sculptures, techniques mixtes, dimensions variables.
torchons, fils de laine et coton, acier, 2019

Visibles (le tapis) et (les torchons) sont issus des recherches que je mène autour des notions (larges et ouvertes) de réparation, comprise et expérimentée comme: outil de résistance, d’autonomie, comme pratique collective de soin, support de transmission orale, comme écologie, bricolage, pensée magique ou technique de (sur)vie…

D’après l’Encyclopédie des Ouvrages de Dames, Thérèse de Dillmont, Editions DMC, 1886, «un travail de reprise idéal est celui qui se confondrait parfaitement avec l’étoffe environnante.»

Plus qu’une consigne pratique, elle résonne comme une injonction d’invisibilité.
Il y a derrière l’ouvrage domestique minutieux un subterfuge : une manière de maintenir l’ordre social, la répartition des espaces et des pouvoirs,

Réparer visiblement reviendrait à agir en pratique sur l’occupation d’un espace à priori obsolète, délaissé. À habiter un instertice, occuper les trous, les marges.

Réparation Visible & Collective

Atelier/performance/rituel pour 10 participant·e·s
– Bobines de parole – divers fils de couleurs – ciseaux – coupons de tissus – tambours de broderies – moquette et coussins – feutre

10 participant·es se retrouvent autour d’un tapis, s’installent au sol.
Ils·elles ont ramené un objet textile qui leur appartient et qu’ils·elles souhaitent réparer.Les différentes techniques de reprise s’échangent oralement et/ou dessinant sur le tapis.
· Il est proposé aux 10 participant·es de confier leur objet à un·e membre du groupe.
· Il est proposé aux 10 participant·es de rendre visible leur réparation.

Les participant·e·s sont invité·e·s à s’assoir au coeur d’un dispositif accueillant et inclusif. C’est un endroit de rencontre, d’apprentissage, de transmission orale et horizontale, dans lequel on échange et apprend ensemble à réparer. La forme, proche de l’atelier, devient un prétexte : les mains sont occupées, la parole est libre. En invitant à se saisir de cette mécanique qui met en mouvement les mains et la langue, on propose une zone de parole, d’échange et de soin.

Photographies: Estelle Chaigne, Johanna Rocard
Cette expérience de Réparation Visible & Collective a été pensée au cours d’une résidence de recherche au FRAC Lorraine, Metz – développée et proposée par la suite en résidence à la Villa Rohannec’h, St Brieuc dans le cadre du projet a Villa of ones own. Mille mercis aux participant·e·s!