sculpture, installation, bois ancien, acier, gomme, ruban led, 230 x 450 x 370 cm, 2024-2025
vue de Mains de traverses, solo show, Le Bel Ordinaire, Pau, 2025
Les lavoirs, ces espaces publics, espaces de travail, anciennement fréquentés par les femmes pour la lessive du foyer, étaient aussi lieux de parole, de transmission et d’apprentissage collectif. Des espaces où faire société, à la marge de l’espace domestique.
Ces architectures abritent aujourd’hui d’autres usages, deviennent des abribus, des espaces ombragés, qui héberge encore une certaine parole. Une population jeune et/ou marginalisée s’emparent de ces espaces publics pour se retrouver, zoner, parler encore et apprendre ce qui ne s’apprend surtout pas à l’école.
La pièce, pensée comme un archétype, une image simplifié du lavoir dont il ne resterait que les grandes lignes. Elle est pensée pour accueillir, réunir, se poser et parler.
On a récupéré le bois dans la campagne béarnaise, dans des fermes, sous des granges poussièreuses.
Au delà des préoccupations écologiques, le réemploi de matières travaille la question de la charge comme un supplément d’expérience, de mémoire contenue, une sorte d’écologie des fantômes. Ces bouts de chêne, durs comme la pierre « en ont sûrement vu d’autres ». Ces bouts d’étables ont longtemps regarder les bêtes manger. Elles ont passés des nuits entières à les bercer en craquant. Des oreilles sculptées apparaissent ça et là, comme un affleurement, une tentative de rendre
visible la porosité de l’environnement, des choses inanimées, des êtres vivants. C’est une manière de rappeler que les charpentes, comme les murs, sont confidentes et témoins. Les élèves du lycée professionnel qui ont participé à la réalisation de ce projet, apportent leur expérience de charpentiers en herbe mais aussi leurs récits d’apprentissage à l’ombre des lavoirs, de leurs adolescences, de leurs fêtes sauvages, de leur ennui rural.