installation, sculptures, tapis anciens accidentés et réparés, coton, laine, 170 x 100 x 3 cm et 230 x 180 x 3 cm, 2019-2021
acquisition FRAC Lorraine 2021 et FRAC Alsace 2024
D’après l’Encyclopédie des Ouvrages de Dames, Thérèse de Dillmont, Editions DMC, 1886, «un travail de reprise idéal est celui qui se confondrait parfaitement avec l’étoffe environnante.» Plus qu’une consigne pratique, elle résonne comme une injonction à l’invisibilité, à surtout bien rester dans le rang. Il y a derrière l’ouvrage domestique minutieux un subterfuge : une manière de maintenir l’ordre social, la répartition des espaces et des pouvoirs. Réparer visiblement reviendrait à agir en pratique sur l’occupation d’un espace à priori obsolète, délaissé. À habiter un instertice, occuper les trous, les marges. L’acte de réparer trouve ses moteurs dans un désir de durabilité, dans une négociation quotidienne avec l’usage et l’usure, qui parle de précarité. Mais réparer porte aussi l’intention de prendre soin. Il s’agirait dans le fond de soigner, tenter de guérir. Sur un objet trouvé accidenté, des torchons, des tapis, les fils de couleurs viennent combler l’accroc, le trou sans jamais chercher la dissimulation. Manifestes, les réparations constellent la surface textile d’un dessin aléatoire, automatique.