Comme nous veillons







sculptures, installation, cycle de performances collectives ouvertes au public, vues aux Bains du Nord, FRAC Bourgogne, Dijon, 2022, et au CAC Brétigny, Brétigny-sur-Orge, 2024.
tissus collectés, chiffons, cordes merisier, noisetier, navettes, menthe, verveine, ciseaux, ampoules, tabourets, dimensions variables, 2021-…
Vues de la performance © Charlène Cassin
Vues de l’exposition © Diane Audema
Chaque soir pendant plusieurs semaines se tiennent des veillées : des rencontres à la tombée du jour, où le «faire à plusieurs» participe à une mécanique de la parole. Repenser la veillée rurale et funéraire, ce serait ici une invitation à mettre en commun des énergies quand la nuit tombe et de transformer des matières chargées; d’expériences, de mémoires.
Ce projet s’est aussi nourrie d’une recherche autour de la chifonnière, et de son rôle social d’agente transformatrice au sein d’une ville, d’un village, d’un quartier.
À partir de chiffons collectés auprès des habitant·es, s’organisent alors des cycles de rencontres, où un groupe participe à une étape, un rituel de fabrication par des gestes simples et puissants.
faire lambeaux – puis nœuds et bobines – enfin faire tissu.
La veille nous porte à investir ce moment d’entre-deux comme un espace plus sûr, privilégiant l’attention, la parole libre et la réflexion collective. Souvent la mort traverse la pièce, elle ne fait que passer.
Les paquets de textiles qu’elle collecte sont chargés de rencontres, d’histoires intimes et collectives, d’expériences, parfois entachées de mort, toujours témoins de l’interdépendance complexe entre la production, la consommation et la récupération qui relie les sommets aux marges des communautés humaines.
Isabelle Henrion, commissaire d’exposition pour «a villa of one’s own», Programme France-Roumanie, 2019