La Mâle



Sculpture, osier blanc, acier, bois, grès, aluminium, laiton, coton, 170 x 150 x 120 cm, 2023-2025
Mains de traverses, solo show, Le Bel Ordinaire, Pau, 2025
Inspirée des malles de voyage, conçues pour contenir le nécessaire, la Mâle partitionne le corps, file la théorie fumeuse de la phrénologie, qui plaçait les connaissances, les émotions et les caractères dans des espaces cloisonnés du cerveau.
Dans certaines pratiques d’apprentissage, le corps devient le contenant des savoirs, des récits et des expériences vécues.
La Mâle parle de ces savoirs incorporés, de ce qui se loge dans les muscles, dans les membres où les organes. Elle parle de ce que la main sait, de ce que tout le corps apprend en faisant.
Ces savoirs, ce sont des morceaux glanés, intégrés, réunis et voisinant les uns avec les autres. Ils remplissent les cases, s’accumulent et s’ordonnent.
La Mâle investit le corps comme seul bagage, on ne compte que sur lui.
Elle parle aussi d’une certaine urgence et de clandestinité; de ces stratégies de mouvements furtifs et de dissimulation des objets que le déplacement contraint impose.
La Mâle ressemble par endroit à une femme costaude, qu’on dirait charpentée, solide et légère à la fois. Son ouverture se module, parfois on ne percevra pas forcément tout ce qu’elle contient. Elle peut être aussi une barque ou un sarcophage.
Elle parle en sous-texte de ces voyages que l’on fait seule, de cette armure qu’il faut parfois revêtir pour se déplacer, qui protège des regards du dehors. Ses entrelacs la garde poreuse, par endroits ils laissent passer la lumière.
◊ Une pièce à 6 mains, réalisée avec Perrine Gauthier, vannière et osiéricultrice et Fabien Ranc, vannier.